La Bénédiction des Cieux volume 2
Résumé du volume 2
À la fin du volume 1, Xie Lian et San Lang reviennent des gorges de Banyue après s’être confrontés à l’ancien chef de l’armée et à la préceptrice impériale. Démasqué par Xie Lian, San Lang disparaît du temple de Puqi en lui laissant néanmoins une bague cristalline en signe d’amitié. Xie Lian est rappelé à la Cour Céleste pour témoigner des événements des gorges de Banyue. Le Maître du Vent Shi Qingxuan aide Xie Lian à défendre sa version des faits, le dieu martial Pei Ming voulant sauver le dieu Pei Xiu au détriment du démon Hua Cheng. À l’issue du procès, l’empereur Jun Wu confie une mission délicate : retrouver un officier céleste porté disparu et probablement retenu prisonnier au Grand Bazar Démoniaque, le royaume du démon Hua Cheng.

Xie Lian fait équipe avec Shi Qingxuan le sémillant Maître du Vent et Lang Qianqiu le jeune Dieu martial de l’Est. Ils découvrent ensemble le Grand Bazar comme un lieu foisonnant de vices et péchés, à l’image de la maison de jeux l’Antre des Hasards. Xie Lian y croise le démon dans son univers, qui l’accueille à bras ouverts malgré le grabuge causé par les sermons de Lang Qianqiu. Xie Lian devient l’invité unique de sa demeure le Pavillon des Extases. Malgré ses scrupules et profitant de l’absence du démon, Xie Lian poursuit sa mission avec l’aide de Shi Qingxuan au sein du pavillon, mais se retrouvent piégés dans un labyrinthe menant à de multiples mondes, fonctionnant sur la chance aux lancés de dés …
De retour à la Cour Céleste, le dieu Lang Qianqiu accuse Xie Lian d’être l’auteur d’un massacre à la Cour de Yong’An, ce que ce dernier ne réfute pas. Le démon Hua Cheng arrache littéralement Xie Lian du royaume céleste pour le mener vers l’antre du démon « la Flamme Verte errant la Nuit ». Son but est de révéler au grand jour le rôle joué par Xie Lian et le démon Qi Rong lors du massacre de la Cour de Yong’An, leur passé commun impliquant l’ancien royaume de Xianle et le florissant royaume de Yong’An, entre amitiés apparentes et sourde rébellion …
La fin du volume 2 aborde l’arc 2 et revient sur la vie de Xie Lian, jeune prince héritier du royaume de Xianle, 800 ans auparavant : sa vie en tant que prince adoré par le peuple, respecté par ses condisciples, aimé et protégé par sa famille, aidé de ses subordonnés Feng Xin et Mu Qing …
Mon avis sur le volume 2
Ce volume laisse entrevoir un Xie Lian très différent du dieu collecteur de rebuts, pacifiste et réfléchi que nous connaissions, comme s’il avait plusieurs personnalités. Tout d’abord lorsqu’il côtoyait la Cour de Yong’An, en personnage mutique, distant mais porteur de messages de paix, pour finalement plonger dans la violence ; puis lorsqu’il se laisse aller à la nostalgie et aux regrets, moments de faiblesse lorsqu’il n’arrive pas à surmonter ses propres désarrois ; enfin lorsqu’il était le prince héritier de Xianle, encore jeune, insouciant voire insolent, mais le cœur déjà empreint d’humanité.

Malgré sa façon de se mettre en retrait de par ses expériences malheureuses, certains traits de caractère demeurent comme sa préoccupation pour autrui et son sens du sacrifice, l’amenant systématiquement à s’impliquer plus qu’il ne le souhaite. J’apprécie de le voir en guerrier talentueux voire surdoué, admirateur et collectionneur de belles armes et épées, malgré le temps qui passe. Il ne recherche pas le combat pour la violence mais pour la pratique poussée des arts martiaux.

Au-delà des révélations dramatiques, MXTX jongle avec la notion de héros et antihéros, du bien et du mal : les dieux ne sont pas si parfaits et peuvent nuire aux mortels comme se nuire entre eux, les démons ne sont pas tous malfaisants et peuvent avoir du cœur, dans un univers qui semblait binaire de prime abord. Le Grand Bazar Démoniaque symbolise cette hypocrisie : bien qu’il s’agisse d’un lieu de commerce parfois sordide, des démons, des mortels et même des divinités y trouvent leurs comptes. À la fin du volume, le Précepteur du prince souligne très justement que les dieux et les démons étaient tous d’origine mortelle …

La fin du premier arc fait aussi la part belle au démon Hua Cheng : au-delà de sa réputation de démon redouté, il a tous les attributs du mauvais garçon : intrigant, séduisant, nonchalant, égoïste et sans scrupule. Mais des constantes le rendent attachant : guerrier redoutable, réfléchi et cultivé, autoritaire et charismatique, prévenant et chaleureux envers Xie Lian, artiste à ses heures, … Loin d’être soumis à son affection pour Xie Lian, il vit sa vie au Grand Bazar et maintient une hauteur de vue quant aux événements impliquant le prince héritier. Malgré tout, quand une opportunité se présente, le démon n’hésite pas à se rapprocher du dieu martial ! Et la complicité entre Xie Lian et Hua Cheng est de plus en plus palpable, les dieux comme les démons commencent même à le leur faire remarquer !

En fait le personnage le plus « démoniaque » n’est pas tant Hua Cheng que Qi Rong ! Celui-ci s’avère très cru, braillard, vulgaire, manipulateur, tyrannique, cannibale qui plus est … Et même ridicule, puisque faisant partie des Quatre Grandes Calamités sans être considéré comme un démon puissant, juste nuisible par ses pairs et les divinités ! Mais son pouvoir de nuisance est tel qu’il a pu faire du mal à Xie Lian dans le passé au temps du royaume de Xianle, du royaume de Yong’An, après sa 3ème ascension, … J’en parlerai plus dans la review du volume 3.

Heureusement que le 2ème arc permet de sortir du morbide et de la mélancolie de la fin du 1er arc et de souffler pendant la lecture !
Nous avons droit à cette touche d’humour tout du long du volume, qui rend la saga si agréable à suivre ! Je pense notamment aux répliques de l’exubérant et brillant Shi Qingxuan, au labyrinthe farfelu de Hua Cheng qui a rendu dingue plus d’un dieu, aux disputes de Feng Xin et Mu Qing, et même à Qi Rong qui braillait à tort et à travers !
Et j’ai encore été happée par les différents environnements du volume ! Les scènes sont toujours si bien décrites en quelques lignes avec un ressenti presque réel : nous imaginons sans peine la foule bigarrée du Grand Bazar Démoniaque, la tempête argentée des papillons spectraux et l’enlèvement du dieu martial, le sordide et le ridicule de Qi Rong dans son antre, la magnificence et l’opulence du royaume de Xianle, l’ambiance festive et la démesure du défilé de la Grande Avenue du Pouvoir Divin, … L’autrice parvient à nous faire voyager dans différents mondes et époques avec une telle facilité, toujours avec simplicité et élégance.

Les éditions Bookmark nous gratifient une fois de plus d’une très belle édition collector, avec la magnifique couverture de tai3_3 représentant Xie Lian en prince héritier de l’arc 2, des illustrations couleurs de Butchinelle et huaepiphany et toujours des illustrations N&B de Marina Privalova et de ZeldaCW 🤩
La fin du premier arc est empreint de tristesse, de colère et d’injustice, de la douleur du sacrifice ; la bonne volonté ne suffit pas lorsque les évènements s’enchaînent et s’évertuent à aller contre le dieu martial, qui en a retiré une grande amertume et une colère contre lui-même. Le début du 2ème arc s’enchaîne ainsi de façon intéressante, on y croise un Xie Lian totalement opposé : beau, lumineux, exubérant, très sûr de lui ! Et donne envie de savoir ce qui l’a poussé à devenir le modeste et effacé Xie Lan du début. Et nous ne sommes pas au bout de nos peines, l’autrice allant encore plus loin !
La fin de l’arc 1 du volume 2 englobe la 2ème saison du Donghua. Il y aurait une hypothétique 3ème saison au bout de 3 ans d’attente, mais les mini films qui sortent tout au long de cette année contestent cette théorie. En même temps, je me vois mal suivre l’adaptation de tous les livres sur deux douzaines d’années ! Avec le Cdrama en hiatus, nous n’avons plus que ces mini films et les audio drama comme alternatives pour une adaptation de toute la saga 🥲


